L’informatique peut être une véritable révolution dans la vie d’un enfant porteur de troubles DYS. Encore faut-il savoir comment l’introduire, le choisir et l’exploiter intelligemment. Que ce soit pour compenser une dyslexie, une dyspraxie ou un trouble de l’attention, l’ordinateur n’est pas une “béquille”, mais une passerelle vers l’autonomie. Voici cinq conseils pour en faire un véritable atout au quotidien.
1. Choisir les bons outils numériques selon le trouble
Tous les enfants DYS n’ont pas les mêmes besoins. Le choix des outils numériques doit donc être individualisé. Voici quelques correspondances utiles :
- Dyslexie : logiciels de synthèse vocale (ex. : Balabolka, ClaroRead), lecture sur tablette avec surlignage mot à mot, police OpenDyslexic.
- Dysorthographie : correcteurs orthographiques intelligents (Antidote, Grammalecte), dictée vocale (Google Docs, Microsoft Dictate).
- Dyspraxie : traitement de texte simplifié, logiciels de mindmapping (XMind, Mindomo), souris ergonomique, clavier visuel.
- TDA/H : applications de gestion du temps (Pomodoro, Forest), outils anti-distraction (Cold Turkey, Freedom).
Il est important de tester plusieurs outils pour voir lesquels sont réellement utiles et bien acceptés par l’enfant.
2. Organiser un poste de travail clair et ergonomique
L’outil informatique n’est utile que si l’environnement de travail est structuré. Cela commence par l’organisation du poste :
- Bureau bien rangé, éclairé, sans distractions visuelles
- Ordinateur configuré avec des raccourcis faciles à repérer
- Dossiers classés avec des noms explicites : « Leçons », « Devoirs à faire », « Outils utiles », etc.
- Applications parasites (jeux, réseaux sociaux) désactivées ou supprimées des sessions de travail
Un environnement ergonomique réduit la charge cognitive et favorise l’attention.
3. Introduire l’informatique progressivement
Un enfant DYS ne deviendra pas expert en informatique du jour au lendemain. Il faut introduire les outils étape par étape, avec accompagnement :
- Commencer par une seule application (ex. : lecture vocale)
- Travailler sur des tâches simples, à partir des devoirs ou supports scolaires
- Encourager la prise d’initiative et la découverte guidée
- Éviter la sur-stimulation : un outil trop complexe peut décourager
Plus l’enfant maîtrise l’outil, plus il gagne en confiance et en autonomie.
4. Utiliser le numérique pour réconcilier avec l’école
L’ordinateur ou la tablette ne sont pas uniquement des moyens de “faire les devoirs autrement”. Ce sont aussi des outils de motivation :
- Lire un roman en audio plutôt que le texte écrit
- Faire une présentation orale avec Canva ou PowerPoint
- Utiliser une application éducative ludique (ex. : Kartable, Orthodidacte, Edumoov)
Ces usages positifs permettent de restaurer une image de soi souvent abîmée par l’échec scolaire.
5. Faire reconnaître l’outil informatique à l’école
L’usage de l’informatique peut (et doit) être officiellement intégré dans le parcours scolaire :
- Par un PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) ou un PPS
- En demandant des aménagements aux examens (ordinateur autorisé, tiers-temps…)
- En informant les enseignants pour qu’ils acceptent les devoirs rendus sous format numérique
Cela évite à l’enfant d’avoir à se justifier et garantit une égalité des chances.